Le 28 janvier 1936, le jour où tout bascula pour un célèbre compositeur soviétique
La Pravda du 28 janvier 1936

I Introduction :
Le 28 janvier 1936, le journal officiel de l’Etat soviétique, la Pravda (= la vérité) publie un article assassin sur l’opéra « Lady Mac Beth du district de Mtsenstk » d’un compositeur qui, jusque là, n’avait rencontré que le succès.

Il s’agit de Dmitri Dmitrievitch Chostakovitch, compositeur soviétique né en 1906 à Saint-Petersbourg et décédé en 1975 à Moscou, aujourd’hui connu pour sa magnifique composition « Valse N°2 », 7ème des 8 mouvements de sa suite pour orchestre de variété N°1 opus 50b (composé beaucoup tard en 1956) ou bien encore pour sa Symphonie n°7 « Léningrad » écrite fin 1941 en l’honneur de la ville assiégée.
Alors que son opéra « Lady Mac Beth » était, jusque-là, apprécié des critiques et du public, Staline, qui avait vu le spectacle semble-t-il le 26 janvier précédent au Bolchoï (l’équivalent de l’Opéra de Paris, situé à Moscou à quelques encablures du Kremlin et … de la sinistre Loubianka), l’a détesté.
Il n’en fallait pas moins pour que le surlendemain, le 28 janvier donc, un article particulièrement dur et critique soit publié dans la Pravda.
A partir de ce jour-là, la vie de Dmitri Chostakovitch s’en trouva transformée et il vécut dans la peur de l’arrestation, de la déportation, voire de la mort.
II Le contexte historique:
Sergheï Kostrikov dit Kirov, secrétaire du Parti communiste pour la région de Leningrad, est assassiné à Léningrad (à l’institut Smolny) le 1er décembre 1934.
Cet assassinat est l’occasion pour Staline, sous le prétexte de punir les responsables de l’attentat, de se débarrasser de ses opposants politiques jusqu’au sein du parti et même dans les plus hautes sphères de celui-ci. C’est la période des grands procès de Moscou même si la répression stalinienne ne se limite pas, loin de là, aux condamnations à mort prononcées lors de ces procès. La répression s’étendait à tout le pays.
Des amis proches de Shostakovitch ont été victimes des purges.
PS: un grand merci à « NachaIoulia » qui a déniché ce numéro exceptionnel de la Pravda.
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